Malonga une femme forte #1

Je n’aimais pas trop ce terme de femme forte mais Faustin lui n’arrêtait pas de m’appeler comme ça, toi femme forte « tu ne trouveras jamais de mari à cette allure » pourtant Faustin était mon mari, mon tendre amour d’enfance.

Partie 1:

Un peu d’histoire

Née à Pointe Noire, une ville du Congo mon pays d’origine. Grandit dans une famille nombreuse, celle-ci n’a jamais été un modèle pour moi, elle a d’ailleurs contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui, une personne pas très belle.

Née vers les années 90, j’ai grandi dans un quartier populaire de ma ville mais ne reflétait certainement pas ce quartier, un peu dangereux. C’est dû à Papa, j’avais des fessées tout le temps que je me rendais chez les voisins, il n’aimait pas, il ne l’a jamais aimé.

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Crédit: Dave Tendresse

L’enfance, cette période innocente mais pas tant que ça !

La maternelle s’est pourtant bien passée, les ennuis ont plutôt commencé au primaire où brimades étaient mon lot quotidien ; les gens peuvent être cruels dans ce bas monde je vous dis, c’est triste:) .

Mbossa, voilà un nom que je ne suis pas prête d’oublier, Mbossa m’a perturbé à l’école, il était de ceux qui influençait tout le monde, un de ces casses têtes généralement pas très beau pas très intelligents et généralement pas très propre, qui vous embêtait pendant vos devoirs, qui vous harcelait pour votre pain, alors mon pain, je ne rigolais pas.

Parlons un peu de ce pain, maman Tété, ah l’odeur de ces spaghetti chaud, c’était tellement bon, je ne savais d’ailleurs pas comment elle le faisait ni dans quelles conditions, mais à 8 ans on n’est pas très exigeante, hygiéniquement parlons.

8 février 1999, je me lève pour aller, aller à l’école, tout ce à quoi je pensais c’était ces spaghettis qu’elle faisait à 50frs une montagne de fourchette, mais non je ne les mangeais pas à l’école bien entendu, je m’arrangeais à les finir en route. Magalie était là, pffff elle était tellement ………., elle ne laissait rien passer, tout ce que tu pouvais avoir de mangeable elle était toujours prenante, mais bon heureusement pour moi je lui avais trouvé une tactique. Je finissais tout avant d’arriver en cours.

En rentrant à la maison en ce beau temps d’après-midi, je croise Christ, le petit gamin, c’est l’enfant d’une amie de maman, bon pas très bien éduqué j’avoue, accompagné d’un autre gamin du même âge que lui, il me demande

  • (1)Ya Malonga, tu peux nous résoudre cette opération ? (une petite addition au sol)
  • Oui bien sûr pourquoi pas ?
  • En me courbant pour la résoudre, je reçu une claque sur le dos, mon Dieu, ce que c’était douloureux !

En levant la tête, ils étaient déjà à plus de 4 ruelles, mais bon dans mon quartier ce n’est pas une scène qui choquait.

J’avance à une ruelle de chez moi une foule, en avançant de plus près j’aperçu une autre foule devant chez moi, devant chez nous, mon père en larmes inconsolable et quelques personnes disant « bosimba ye, akota ndako té, aza nani muana moke, mais bosimba ye ko) empêchez la de rentrer dans la maison, elle est encore gamine, empêchez là s’il vous plait.

Qu’est ce qui se passait ? J’étais là depuis 30 minutes, papa ne me disait rien, lui qui aimait tant me demander ce que j’ai fait à l’école et moi qui prenait du plaisir à lui décrire dans les moindres détails de qui s’était passé.

Mais aujourd’hui ce n’était pas cet homme, il n’a même pas daigné me regarder, des larmes chaudes traversait ses joues et ces yeux si rouges, j’avais peur, je voulais que maman vienne, qu’elle me tienne la main et m’aide à consoler papa, que maman vienne et me couvre, qu’elle me protège de tout ce monde qu’il y avait autour de nous.

Maman, maman, maman vient s’il te plaît, quand je franchis le portail, papa se leva, il me Prenat dans ses bras dans un gros sanglot, me regarda droit dans les yeux pour me dire, maman n’est plus là.

Elle est où ? Elle revient à quelle ? Voilà la question de toutes les filles de mon âge. Non Malonga, elle est partie et ne reviendra jamais.

Maman était partie, mais où ? Pour combien de temps ?

La suite sur Lissapo, pour découvrir comment la mort de maman a contribué à faire de Malonga une femme forte mais tellement faible en elle.

 

4 thoughts on “Malonga une femme forte #1

  1. J’ai appris »bosimba », empêchez. Triste cette enfance. L’enfance est le père de l’homme. Ou de la femme. Joli texte . Vivement la suite en espérant apprendre d’autres mots lingalas.

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