La maternité mon corps et moi #1

La société a appris à nous imposer des normes, et ce sur tous les plans, on n’a pas le droit d’être potelé, ronde que dis-je ? grosse, oups j’oubliais que c’était devenu un gros mot, oui la société nous a obligé une norme jaune, pour être belle il faut être jaune, mais qu’en est-il alors de ces corps différents ?

Source: paperblog.fr
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Tomber enceinte est l’une des choses les plus magnifiques au monde dit –on mais parait il est encore plus douloureux que l’accouchement ce corps qui devient e nôtre, qu’on doit réapprendre à aimer.

L’histoire de cette belle grossesse aux conséquences désastreuses (enfin c’est ce qu’ils m’ont appris) et c’est ce que je croyais.

3 mois s’étaient écoulés depuis que je n’avais plus eu mes règles, j’avais des troubles c’était fréquent mais là c’était différent, un peu de vomi, le cœur qui bat, qui tourne, le manque d’appétit ça sentait un ventre ballonné dans pas longtemps.

Je me suis mise à éplucher tous les sites médicaux que vous pouvez vous imaginer, discuter avec le monde, ceux qui avaient déjà eu le ventre mou à cause de l’expulsion d’êtres humains, des femmes.

Il ne faisait aucun doute.

Tu es enceinte Esengo, me lança cette dame dans la clinique

Esengo c’est moi, la joie me disent-ils souvent, voilà ce que veut dire mon nom, mais est ce que je la connaissais ?

Excusez-moi ? Enceinte vous avez dit ? Oui me réaffirma la dame front plissé sourire moqueur (mine de dire, oui demoiselle tu es enceinte, quand on écarte ses pieds, c’est son ventre qui se retourne contre nous.

Source: www.chimglaphotographie.com
Source: www.chimglaphotographie.com

Je ne devais normalement pas m’inquiéter d’autant plus que cette progéniture avait un père mais mon corps me faisait peur, j’avais peur de toutes ces transformations que mon corps allait subir, j’avais peur de ces 6mois de plus sur moi à supporter, malaises, et tout ce qui va avec.

Dès lors commença alors le combat, pieds lourds, manque d’appétit, nausées, montées sur la balance tous les mois, recevoir ce gel froid sur mon ventre pour voir comment cet être allait.

N’était donc pas là le plus dur, je m’en doutais.

Cette histoire n’a pas pour but de vous montrer les tracas du ventre ballonné, elle prend tout son essence à partir de là, celle qui va vous relater comment chaque trace de nouvelle vergeture à fait couler des larmes au plus profond de moi.

Après 6 mois de souffrance nous voilà au jour J, la perte des eaux, le symbole de l’arrivé de l’élu,

C’est le jour où j’ai compris tout ce à quoi j’allais être confronté.

Ecarter les jambes moi qui n’était pas fan d’EPS à l’école.

Couchée dans cette salle seule, j’ai prié ciel et terre pour m’épargner cette douleur, lui suppliant de me retirer la vie, je me suis jurée de ne plus jamais écarté mes jambes si ce n’est sur un lit d’hôpital, j’ai haïs mon homme, j’ai hais le sexe, j’ai hais toutes les fois où j’ai joui, j’ai hais tous ces instants où ces spasmes traversaient mon corps, je me suis jurée de ne me retrouver nue que chez mon gynécologue.

Ecartez madame, poussez, ça y est, sa tête est là encore un effort. Au moment de passer les épaules, le docteur opta pour des ciseaux, je ne m’ouvrais pas assez disait-il.

Une paire de ciseaux et tsi tsi tsi , je sentis mon vagin se déchirer au sens propre du terme, cette déchirure qui me fond le cœur, celle-là qui te fait miroiter la mort, celle-là qui te fait oublier la douleur, celle-là qui te fait tout simplement détester la vie. Je sentis ce sang couler sur mes fesses, et il me fallait encore faire passer un être là au travers de cette déchirure.

Une fois l’archange dehors dans cette sombre réflexion, dans cette fumée noire au-dessus de ma tête je vis un plateau qui ressemblait à celui utilisé pour coudre une plaie que j’avais à l’époque, je n’en revenais pas, je me suis éclairci les idées rien n’allait je ne pouvais pas croire que ces ciseaux allait être utilisé sur moi e surcroit à cet endroit où la chaire est si molle, si fragile.

Non je ne rêvais pas, pas de bouteille d’anesthésie, juste ce fil cette aiguille ou ce crochet qu’en sais-je ? Je n’ai pas fait médecine, ni SVT, je n’ai jamais été douée pour les sciences de toute façon.

Sur la lèvre inférieure ou supérieure je sentais juste cette aiguille traverser ma chère chaire, mon intimité, je la voyais exposé au su de tous, tout le monde pouvait en rire, en pleurer, en trouver dégueulasse, c’était mon corps qui était là, mis a nu, et mon bébé dans tout ça loin de moi.

Comment la cause de toute cette douleur pouvait être loin de moi à ce moment précis ? C’était injuste.

A chaque tour je sentais cette aiguille transpercer mon être, ce fil qui reliait les deux parties était encore plus douloureux, jamais de ma vie un fil a été aussi douloureux.

Retrouvez la suite prochainement sur Lissapo !

5 thoughts on “La maternité mon corps et moi #1

  1. Mais ça doit être beau après de voir les yeux du bébé, pleurer, sourire,…on fait pas des omelettes sans casser les oeufs. J’ai pensé à ma maman tout au long du récit, récit si bien écrit. .

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